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« Le moment est venu de rompre avec ce qui nous amoindrit. »
Victor Hugo

  • 19 septembre 2026

    BIENVENUE SUR NOTRE BLOG ! Vous voulez nous rencontrer ? Vous souhaitez en savoir plus sur « Le grand déplacement » ? Vous avez des idées à partager, des suggestions ? Notre deuxième réunion d’informations aura lieu

Zabo Martin©Catherine Filliol

TEXTE FONDATEUR

Marcher, rencontrer et dire la nécessité absolue de la parole poétique.

612 km à pied de Laroque-Timbaut (47) jusqu’au Panthéon (Paris)

Du 15 mars au 6 mai 2027

Je m’appelle Zabo Martin, je suis une musicienne très préoccupée par le théâtre. Je dirige la Compagnie des temps venus, une compagnie de théâtre professionnelle, installée dans le Lot-et-Garonne, à Laroque-Timbaut.

Au commencement étaient ces deux phrases :

« Le moment est venu de rompre avec ce qui nous amoindrit ». (Victor Hugo)

« Il y a toujours, devant nous, au moins deux avenirs : le renoncement ou le courage de l’impossible ». (Jean-Pierre Siméon)

Deux phrases de poètes aimés qui, par leur vitalité, leur force d’espérance m’accompagnent et me tiennent éveillée. La première de Victor Hugo, comme une injonction, une urgence à rompre, sans cesse, sans ajourner avec tout ce qui peut nuire au déploiement de notre immensité. La deuxième de Jean-Pierre Siméon, posée comme un constat sans appel qui nous invite, avec fermeté, à aller, tremblant, vers le dépassement, le soulèvement intérieur. Un : « Aller, debout ! » Debout, face au réel.

La poésie, écrit Annie Lebrun, possède un pouvoir subversif car elle est l’unique manière de penser qui ne cesse d’élargir l’horizon.

Il y a aujourd’hui, une nécessité absolue, à renouer avec la parole poétique. Le poète est ce « passant considérable » que notre société ne voit plus, n’entend plus ou pire, dénigre.

Le poème est une force agissante capable de dissoudre, l’espace d’un instant, en une fulgurance, nos petites morts. La poésie transmue du temps en pleine présence, nous dit magnifiquement Jean-Paul Michel.

Je crois au pouvoir alchimique du poème et je crois que seule la poésie peut engendrer, aujourd’hui, un renversement des valeurs qui fasse que « l’homme passe du côté de l’Homme » (André Breton).

Le 15 mars 2027, nous partirons de « La boite à laver » (lieu de travail de la compagnie) située à Laroque-Timbaut (47) et nous irons, à pied, jusqu’au Panthéon où nous rendrons compte à Victor Hugo de nos « retards d’avenir ». Ce sera le 6 mai 2027.

Cette traversée de 7 semaines et 3 jours, est parrainée par l’immense poète, Jean-Pierre Siméon, ce frère en poésie, toujours présent, toujours à l’écoute, un homme debout « dans la demeure splendide du paysage. ». Je ne cesserai jamais de le remercier de son amitié, de sa confiance.

Nous serons accompagnés, dans ce temps long, par des poètes venus de toute l’Europe. Ils marcheront à nos côtés, chaque jour.

Chaque soir de la semaine, des comédiens, marcheurs également, poseront leurs tréteaux sur la place du village et joueront, tambour battant, une pièce intitulée « Ce qui pourrait être différent n’a pas commencé » (titre emprunté à Adorno) Cette pièce sera suivie d’une rencontre informelle entre marcheurs, acteurs, poètes et spectateurs.

Chaque samedi soir, au village-étape, les poètes qui auront marché avec nous pendant la semaine, diront, au cœur du village, leur philosophie du poème. Chaque dimanche midi, nous partagerons avec eux et les habitants des « agapes poétiques », moment privilégié vécu, ensemble, où nous pourrons échanger autour d’un repas et écouter leur poésie. *

Puis nous repartirons, le lundi, sur les routes, joyeux, déplacés, « éblouis d’inconnu » (Serge Pey)

Ce « grand déplacement » est une invitation adressée à tous, une invitation à nous rejoindre pour une heure, une journée, une semaine, tout le trajet ou par la pensée si vous ne pouvez pas vous joindre à nous.

Venez, il en va des victoires de demain ! Venez, que cette marche devienne écriture, poème, espérance, commencement, joie !

Zabo Martin, le 1er janvier 2026.

* La pièce de théâtre ainsi que les rencontres avec les poètes sont gratuites et ouvertes à tous.

« Le renoncement ou le courage de l’impossible »

Les mots du poète Jean-Pierre Siméon, parrain de cette aventure.
Jean-Pierre Siméon©Catherine Filliol
« C’est entendu, c’est même convenu : il semblerait que ce soit désormais et pour toujours le règne du chacun pour soi dans un monde brutal où l’autre est par principe un gêneur et bientôt une menace. Notre temps invente un homme clos, assis dans son pré carré devant un écran qui le dispense de la vie. Pas besoin d’apocalypse nucléaire : ce principe de l’immobilité close annonce la fin de l’humain. Quelle échappatoire ? Évidemment, tout ce qui inverse ce principe : la sortie de son lieu et de soi, la main tendue, les bras ouverts, la parole donnée et reçue, l’obstination hardie à la rencontre. Ce qu’il nous faut ? Ce dont la poésie nous instruit : le dépaysement, le pas ouvert, l’avancée, la traversée. Le risque ardent de l’inconnu qui seul déplace les lignes et ouvre l’horizon. Allons, debout ! Ouvrons portes et fenêtres, sortons, inventons des chemins de traverse, saluons l’inconnu, donnons-nous des visages et des paysages neufs, il s’agit de prendre le risque de la vie, à l’air libre ! »
  • 19 septembre 2026

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